« Vous avez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. » Génèse 50 :20

Pourquoi souffrons-nous ? Pourquoi nos proches connaissent-ils le malheur ? Le mal a-t-il un sens ? A toutes ces questions, un athée ne saurait répondre, car le monde n’a aucun sens pour lui. Nous sommes là par hasard, au gré des circonstances et de la loi de la causalité, mais le bonheur comme le malheur ne sont soumis à aucune loi, à aucune autorité divine qui nous assurerait d’un sens, et donc d’un espoir.

Dans ce verset que j’ai mis en introduction, Joseph est un homme persécuté par ses frères qui le jalousent. Ils décident de le vendre comme esclave pour s’en débarrasser. Cette haine sera transformée par Dieu en un amour qui permettra ensuite à Joseph de devenir conseiller du pharaon et ainsi de sauver le peuple juif, dont ses propres frères, qu’il pardonnera pour leurs péchés.

On ne saurait mieux résumer le mal, notre incompréhension à le voir pour ce qu’il est, et la manière dont Dieu en fait un bien.

Le mal est en nous, dès notre naissance, nous apprend la Bible. Nous sommes tous des pécheurs, et c’est pour cela que nous avons besoin d’un sauveur, Jésus Christ. Nos péchés nous font commettre le mal, aux autres et à nous-mêmes, sans que nous en ayons conscience le plus souvent, ou du moins sans que nous en mesurions les conséquences.

Le mal sert-il à quelque chose ? Dans l’histoire de Joseph, on voit que c’est ce qui permet au bien de triompher, mais nous avons du mal à le comprendre. Pourtant, un chirurgien n’ouvre-t-il pas le bras avant de pouvoir remettre les os en place ? Oui, le mal est souvent nécessaire voire indispensable au bien, que nous le comprenions ou pas, que nous le voulions ou pas.

Le mal nous éprouve et nous rend plus résistant, plus adapté à la vie et à ses difficultés. C’est le souhait du Seigneur que de nous éprouver afin de nous améliorer, car il ne veut pas d’assistés ni de loques humaines au paradis, mais des âmes solides et éprouvées. Des lames pointues et aiguisées. La vie est un combat, physique et spirituel, et c’est au contact des épreuves et du mal que nous progressons, pas au contact du bien et de la facilité.

Nous ne donnons le meilleur de nous-mêmes qu’en affrontant le danger, l’inconnu, et la difficulté. Nos anticorps se développent au contact de la maladie, nos muscles se développent au contact des efforts. C’est une loi universelle que nous devons accepter et même souhaiter ardemment, puisqu’il faut toujours vouloir ce qu’on ne peut empêcher.

Ayant la foi en Jésus Christ notre sauveur, nous savons qu’il est à la barre de notre vie, et qu’il en maîtrise les moindres détails. En toute confiance, nous pouvons donc affronter les aléas de la vie en acceptant les épreuves qu’il met sur notre chemin, car c’est pour notre bien. Comme un père aimant fait travailler son fils pour lui apprendre à marcher, à courir, ou à nager, Jésus nous a préparé un lot d’épreuves à affronter qui ne sont jamais en dehors de nos possibilités physiques et mentales.

Et il est toujours là pour nous soutenir, surtout quand nous en avons le plus besoin. N’est-ce pas d’ailleurs dans la douleur, la souffrance et la difficulté que nous réclamons le plus son aide ? L’épreuve rapproche de Dieu, ainsi va la nature humaine.

Nous n’avons pas la hauteur de vue qui est la Sienne pour comprendre le sens du mal quand il nous tombe dessus, naturellement. Le premier péché consiste donc à Lui imputer le mal, à L’en rendre responsable, alors qu’Il est parfait. Etant parfait, omnipotent et omniscient, amour et justice à la fois, il nous éprouve pour notre bien, et pour mener à bien son plan divin qui est lui-aussi parfait. Quelle joie d’y participer !

Nous savons d’avance que le Bien triomphera du mal, Il nous en a fait la promesse, et contrairement aux politiciens Lui tient toujours ses promesses. Satan est sous sa coupe, comme on le voit si bien dans Job.

« L’Eternel dit à Satan : Voici, tout ce qui appartient à Job, je te le livre ; seulement, ne porte pas la main sur lui. Et Satan se retira de devant la face de l’Eternel. » Job 1 :12

Dieu fait du mal un bien. Il éprouve Job, à qui tout réussissait, pour le rapprocher de Dieu et lui faire comprendre que les richesses matérielles ne sont rien par rapport au salut. Le royaume des chrétiens n’est pas de ce monde, ils ne doivent pas aimer ce monde qui est dominé par Satan. Ils doivent aimer les hommes, mais pas le monde.

Notre condition physique et mentale limitée ne nous permet pas, la plupart du temps, de comprendre le sens du mal qui nous frappe et qui frappe l’humanité. Nos sens nous limitent, de même que le fait que nous soyons par nature esclaves du péché. Mais le temps permet souvent de mieux comprendre pourquoi ce qui est arrivé est arrivé.

Les martyrs de la Shoah n’ont pour la plupart pas pu comprendre le mal qui les frappait, eux et leur famille, à tel point que beaucoup de juifs sont restés en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre. Ils ne pouvaient imaginer qu’un tel mal fut possible, et une fois déportés ils ne le comprenaient toujours pas. La plupart sont partis avec cette interrogation en tête, ce désespoir et même l’accusation contre Dieu. Comment leur en vouloir ?

Mais Dieu a un plan dont nous faisons tous partie, et pour lequel nous avons tous une mission, que nous voulions ou pas, que nous le sachions ou pas. Sans la Shoah, comment l’Etat d’Israël aurait-il pu naître, aussi vite et avec la légitimité de la communauté internationale ? Le mal commis par Hitler, comme celui commis par les frères de Joseph contre lui, fut changé en bien par le Tout-puissant pour sauver la vie à un peuple nombreux.

Cette idée nous paraît certes insolente, provocatrice voire blasphématoire. Pourtant c’est tout le contraire, mais c’est notre pauvre condition humaine de pécheur éternel qui nous oblige à voir les choses ainsi, au lieu de les voir telles qu’elles sont. Seul Dieu a le recul nécessaire pour envisager un tel retournement du mal en bien. Le mal absolu en bien absolu.

Dieu a sacrifié son fils unique pour que nous soyons sauvés grâce à Lui. Le plus grand mal, le sacrifice de Jésus Christ, a permis le plus grand bien, le salut éternel des élus par Christ. La plus grande injustice a permis la plus grande justice qui soit. C’est ce paradoxe qui est au cœur du mystère insondable de Dieu, seulement accessible par la foi en Lui.

Réjouissons-nous de ce qui nous arrive, bien en apparence comme mal en apparence, car ce ne sont que des apparences. Le riche doit-il se réjouir d’être riche ? Toutes les facilités et tous les privilèges dont il bénéficie, souvent depuis sa naissance, l’ont rendu mou, flasque, assisté. Il n’a jamais vraiment prié Dieu, puisqu’il n’a jamais vraiment eu besoin de son soutien. C’est pourquoi il faut prier pour que les riches se délestent de leurs richesses qui corrompent leur âme et qu’ils se repentent de leurs péchés, dont l’orgueil et la vanité sont souvent les principaux.

« Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » Mathieu 19 :24

La confiance dans le Seigneur nous permet de traverser les périodes difficiles de notre vie, comme lorsque la tempête faisait rage et que la barque avec Jésus et ses apôtres tanguait dangereusement.

« Il monta dans la barque, et ses disciples le suivirent. Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. Les disciples s’étant approchés le réveillèrent, et dirent : Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! Il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. » Mathieu 8 :23 à 27

Jésus est avec nous pendant notre traversée, nous l’oublions trop souvent, hommes de peu de foi que nous sommes. Confions notre vie entre ses mains, et acceptons les épreuves comme les bons moments. Car tous sont la volonté du Seigneur.