Nous avions posé 5 questions aux athées, et l’un d’eux a bien voulu nous répondre.

Nous reproduisons ici ses réponses, et ajoutons notre commentaire à la fin.

Question 1 (Croyez-vous que quelque chose soit apparu à partir de rien?) : 
     Il ne faut pas croire mais savoir. Il faut évidemment faire des hypothèses et les mettre à l’épreuve, mais ne rien affirmer sans certitudes. Les apparences me font penser que rien ne peut naître à partir de rien, je n’en ai pas la preuve (et quelle démarche suivre pour arriver à cette preuve?). Il faut donc mieux accepter de rester dans l’incertitude. La vraie foi est confiance (comme m’a dit une dominicaine, c’est la confiance du petit enfant qui s’abandonne dans les bras de sa maman) et non pas croyance. Mais c’est trop lourd à porter, on préfère les certitudes apportées par les croyances. Quelquefois aussi la foi-croyance permet d’approcher la foi-confiance.
Question 2  (Croyez-vous que Jésus n’a jamais existé sur Terre?): 
     De nombreux juifs ont été appelés Jésus il y a environ deux mille ans, les inscriptions gravées sur les pierres tombales l’attestent. Celui décrit dans les Évangiles est probablement issu d’un homme réel. Le Jésus des chrétiens est radicalement différent du Jésus de l’Évangile dit de Thomas (découvert en 1945 et connu depuis 1960 pour nous, mais l’évêque Irénée de Lyon le connaissait puisqu’il l’a classé parmi les écrits hérétiques : de ce fait, il n’a pas été recopié et a fini par disparaître, disparition aidée par de probables destructions). L’existence d’un homme nommé Jésus à l’origine d’un enseignement particulier est probable. Sa mort par la crucifixion l’est moins, il peut avoir été crucifié et dépendu avant sa mort, le supplice n’ayant pas duré suffisamment longtemps.
Question 4  (Comment pouvez-vous être sûr que Dieu n’existe pas):
     L’existence, c’est pour nous qui sommes prisonniers du temps, de la matière et de l’espace. Certains disent  »Dieu est » au lieu de  »Dieu existe » car il est à la fois dans le temps et hors du temps, dans notre monde matériel et hors de celui-ci. Il y a peut-être une spiritualité universelle, mais comment en être sûr ? Les adeptes de certaines spiritualités orientales affirment que l’on peut arriver à un éveil où tout s’illumine et se comprend (un bon coup sur la caboche peut aussi nous amener dans un couloir lumineux plein d’amour, mais c’est rare ; toutefois, les témoignages existent). Émile Gillabert (1914 – 1995) est passé par là (non pas un coup d’assommoir mais une illumination subite) et prétend que le vrai Jésus, celui décrit par Thomas, était un éveillé qui a utilisé les conceptions de son temps (le Père) pour nous enseigner à prendre conscience de nos conditionnements et à nous en libérer. Voir son livre  »Le procès de Jésus à la lumière de la Gnose » (1986) dans lequel il commente les 114 paroles de l’Évangile de Thomas et aussi le suivant (1987)  »L’ Évangile, voie de la Connaissance » (et non pas voie du salut) dans lequel bien des parallèles sont faits entre les Évangiles canoniques et celui de Thomas. Avant ces livres fondamentaux, E. Gillabert a également publié en particulier  »Jésus et la Gnose » (1981) mais si vous êtes un chrétien convaincu, il vous sera difficile d’accepter cette spiritualité rejoignant certaines conceptions orientales (la gnose de Jésus est non-dualiste, contrairement à d’autres). La notion archaïque et très néfaste de  »péché » n’est pas utilisée par Jésus, mais les chrétiens l’ont mise dans la bouche de Jésus pour être conforme aux conceptions juives (nous sommes pécheurs, fautifs, coupables et nous serons punis) : donc pas de sacrifice du Christ pour satisfaire un Père sanguinaire ni de rédemption. De même, le vrai Jésus n’utilise pas les prophètes, ne fait pas les miracles prévus de longue date par les juifs attendant leur messie et n’a pas recours aux prières. Il y a donc de grandes différences fondamentales entre ces évangiles à côté des points d’accords. La difficulté, c’est de ne pas chercher à prouver ce qui nous plairait. (A mon avis, les  »prophètes » sont probablement des malades mentaux qui ont réussi, grâce à des coïncidences naturelles favorables, mais cela n’explique pas tous les cas).
Question 5 (Lequel est apparu en premier?) :
     Oui, qui est le premier de l’œuf ou de la poule ? Là, on connaît la réponse : les premiers œufs de poule ont été pondu par un animal proche de la poule ayant une anomalie qui s’est trouvée être viable et transmissible aux descendants. La nature fabrique continuellement des êtres en dehors de la moyenne, dont beaucoup ne sont pas viables et meurent peu de temps après leur conception : les lois naturelles des coïncidences se manifestent ainsi, c’est une question de probabilité. Pour les autres questions que vous soulevez, je n’ai pas de réponse. On sait que les temps ont été extrêmement longs avant l’apparition de formes de vie rudimentaires, cela se compte en milliards d’années, c’est une immensité prodigieuse puisque par exemple un seul milliard de secondes représente une durée d’environ 31 ans et sept mois et demi. Remplacer chaque seconde par un an, cela donne le vertige, nous avons affaire à des durées sans commune mesure avec notre vie ni même avec la durée de l’espèce humaine. Non seulement les durées sont gigantesques mais aussi les volumes des océans continuellement brassés par les marées et les tempêtes ainsi que des continents apparaissant et disparaissant. Que des coïncidences extrêmement improbables se produisent, c’est conforme aux lois de la nature. Tout ce qui est possible s’est produit ou se produira un jour, même si c’est infiniment improbable. Par contre, ce qui n’est pas possible ne se produira jamais : jamais une femme semblable à celles d’aujourd’hui ne concevra d’enfant sans l’apport d’une gamète masculine puisque personne n’a été capable de trouver une longue série de coïncidences naturelles aboutissant à une telle conception . On le sait maintenant, on ne le savait pas jadis. Mais on arrive là sur un sujet immense : les erreurs de jadis dues aux méconnaissances des lois de la nature et le remplacement des ignorances par des interprétations surnaturelles. Aujourd’hui encore, nos ignorances sont remplacées, par certaines personnes, par des croyances. Par exemple, ce qui s’est passé à Fatima en octobre 1917 est totalement inexplicable aujourd’hui mais les interprétations surnaturelles vont bon train (et de même avec ND de Guadalupe). Les superstitions survivront toujours. Cela fait tellement plaisir d’avoir une explication qui nous tranquillise …. Pour l’avenir, les connaissances sur le psychisme humain donneront d’autres interprétations mais actuellement, ces connaissances n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements. Les progrès ont commencé par le plus facile : ce qui se voit, c’est-à-dire la science de la matière. La science du psychisme viendra à son tour.
     Il vaut mieux accepter d’être dans l’incertitude et accepter de ne pas tout savoir. Croire est une démission de l’esprit, c’est ce que je crois !!
     Excusez-moi si tout cela est trop hâtif et un peu décousu, cela fait longtemps que je n’ai pas étudié ces sujets, il m’en reste juste quelques souvenirs.
Mon commentaire
Question 1
Quand on est athée on croit forcément, nécessairement, obligatoirement que rien a produit quelque chose. Et pas n’importe quoi, l’Univers entier ! Cette réponse est donc hors sujet.
Question 2
Parmi tous les historiens contemporains de Jésus, aucun n’a remis en cause son existence, et les juifs non plus, qui étaient pourtant contre lui. Ils ont mis en cause le fait qu’il soit né d’une vierge, mais pas qu’il ait existé. Parmi les historiens qui ont confirmé l’existence de Jésus, y compris sa crucifixion, Flavius Josèphe est sans doute le plus connu, d’autant qu’il n’était pas chrétien, son témoignage a d’autant plus de preuve. On se reportera à ce lien pour en savoir plus.
C’est pourquoi même les plus athées des athées, comme le biologiste Richard Dawkins par exemple, reconnaissent publiquement que Jésus a existé :
Il semble donc que notre athée soit mal renseigné ou que les faits ne l’intéressent pas quand ils dérangent sa vision du monde.
Question 3
Pas de réponse, c’est donc si difficile que cela de reconnaître qu’on ne sait pas tout ?
Question 4
Cet athée dit qu’il n’est pas sûr que Dieu n’existe pas, mais l’athéisme affirme que Dieu n’existe pas. Il n’est donc pas athée mais agnostique.
Question 5
La réponse au a) est tordue, mais la théorie de l’évolution oblige d’y croire, sinon il n’y a tout simplement pas de réponse.
Mais pour les sous-questions suivantes, notre athée sèche, alors qu’il s’agit de la même logique. Cela démontre juste les limites de ce « raisonnement ».
Dieu explique tout cela facilement, et ce depuis 3000 ans que la Parole a été donnée à Moïse, alors que la science n’existait pas.
Une assertion qui tient depuis 3000 ans est tout simplement la vérité, n’en déplaise à nos amis athées.
Dieu les touchera peut-être de sa grâce pour leur ouvrir les yeux, comme il l’avait fait avec moi, nous ne pouvons que leur souhaiter.