Quand nous prions nous demandons souvent à Dieu de faire telle ou telle chose pour nous, notre famille ou nos amis. Ainsi nous oublions le plus souvent l’essentiel, c’est de remercier Dieu pour tout ce qu’il a déjà fait pour nous, les joies comme les épreuves, ce monde qu’il a créé pour nous permettre d’y vivre, et de nous avoir donné la vie.

Quand Salomon pria, il ne demanda pas des richesses, ni des femmes, ni le pouvoir, mais il demanda à Dieu de lui donner la sagesse. Et c’est ce que Dieu fit. Et c’est cette sagesse qui apporta à Salomon richesses, femmes et pouvoir. Hélas il ne sut pas user véritablement de la sagesse offerte par Dieu, puisqu’il tomba dans tous les excès possibles du sexe, des richesses et du pouvoir. Une démonstration de plus que la nature humaine est corrompue par le péché. Mais c’est une bonne leçon pour la prière.

Si nous avons besoin d’une voiture, d’un prêt bancaire ou je ne sais quoi d’autre, il serait vraiment mal venu de le demander à Dieu dans notre prière. Dieu n’est pas notre serviteur, nous sommes son serviteur. Dieu est le créateur de toutes choses, il sait tout, il ne change pas, donc notre prière ne le changera pas. Par contre elle nous changera nous, en nous rapprochant de lui.

C’est pourquoi il convient plus que jamais de le remercier pour tout ce qu’il a fait pour nous, et ainsi de reconnaître humblement que sans lui nous ne serions pas là, et nous n’aurions ni amis, ni famille ni vie en nous. Nous lui devons tout, donc nous ne nous devons rien, ce qui blesse notre orgueil de pêcheur mais c’est un fait. Soit Dieu est souverain, soit il ne l’est pas, et la Bible nous montre bien à quel point il l’est, et à quel point nous ne le sommes pas.

Quand nous prions, nous dit Dieu, nous sommes exaucés quand nous demandons que sa volonté soit faite. Alors demandons-là, et joyeusement qui plus est ! Notre volonté est pécheresse, rien de bon ne peut en venir, mais celle de Dieu est parfaite, alors réclamons-là, et elle surviendra.

Au lieu de voir ce qui nous manque et de le demander à Dieu, il nous demande de voir ce que nous avons et de nous en contenter. C’est l’histoire du verre à moitié vide et à moitié plein. Voyons lucidement à quel point Dieu nous a offert tout ce que nous ne méritons pas, la vie, la conscience, un toit, de quoi manger à notre faim chaque jour, la possibilité de nous marier et d’avoir des enfants, cette joie infinie, et tant d’autres choses encore. Nous n’avons pas conscience de la bonté de Dieu envers nous, et notre nature corrompue nous pousse à lui reprocher tant de choses dont il n’est pourtant pas responsable.

Là où se produit le mal, nous l’en rendons trop souvent responsable, alors que seule la nature humaine corrompue par le péché en est responsable. Dieu au contraire limite au maximum le mal en le retenant au mieux, et en empêchant qu’il ait lieu, mais nous ne le remercions jamais pour cela car nous ne le voyons pas. Et quand il laisse parfois le mal se produire, pour montrer à quel point la nature humaine est corrompue et à quel point nous avons besoin d’un Sauveur, nous le blâmons pour cela.

Nous devons aussi nous humilier devant lui car nous ne sommes pas dignes ne serait-ce que de lui adresser la parole. Au Moyen-Age, un homme de la plèbe pouvait-il demander quoi que ce soit à son roi ? Eh bien, notre relation avec Dieu est encore plus distante qu’entre cet homme du peuple et son roi. Car Dieu est le roi des rois, et nous sommes un vermisseau de Jacob. Il est parfait, créateur de toutes choses, infini, omniscient et omnipotent, et nous sommes imparfaits, finis, inconscients et impotents. La seule chose qui nous permet de nous adresser à lui, et d’oser lui demander quoi que ce soit, c’est la grâce qu’il nous a donnée sans que nous la méritions, et qui nous fait croire en lui.

Et contrairement à ce roi du Moyen-Age qui méprisait ses sujets, Dieu nous a adoptés comme ses propres enfants, et il nous réserve son paradis éternel, nous sauvant ainsi des flammes de l’enfer éternel. Quel Dieu généreux et miséricordieux ! Prions constamment qu’il nous pardonne d’être pêcheur, si étranger à sa nature, enfermés que nous sommes dans la nôtre. Remercions-le sans cesse d’avoir changé notre cœur de pierre en cœur de chair (Ezéchiel 36 :26), et de nous avoir rendu la vue. Ainsi, nous savons qu’il existe, et qu’il a tout fait pour un but, même le méchant pour le jour du malheur (Proverbes 16 :4). Réjouissons-nous de sa présence au quotidien, avec nous, et de son salut qui nous est promis pour toujours, sans qu’il nous mette jamais dehors (Jean 6 :37-39).

Et quand nous rencontrons des épreuves, sachons discerner la volonté de Dieu qui souhaite nous éprouver, et nous faire progresser, dans la mesure de nos possibilités, car c’est dans l’épreuve qu’on progresse et qu’on se rapproche de lui, pas dans la facilité. Prions pour que sa volonté soit faite, épreuves et joie, richesses et manque de richesses, amitiés et divisions, car telle est sa volonté, et elle est parfaite.