Par expiation on entend la portée du sacrifice de Jésus sur la croix. En anglais, c’est le « L » de TULIP qui signifie « Limited atonement ». Les calvinistes limitent-t-ils l’expiation ? Tous les chrétiens limitent l’expiation.

Les calvinistes limitent l’expiation aux élus, les arminiens la limitent à son efficacité. Alors que les calvinistes expliquent que le Christ a garanti le salut à ses élus par le sacrifice sur la croix, les arminiens expliquent que le Christ a rendu le salut possible à tous les hommes, à condition qu’ils se repentent et croient en Jésus.

Il n’est pas étonnant qu’un Dieu qui choisit ses élus soit refusé par le monde, où le libre arbitre et l’égo règnent en maître, à un niveau qui relève quasiment de l’idolâtrie. Nous ne devons donc pas être étonnés que Dieu choisissant ceux qu’il veut souverainement sauver paraisse offensant à beaucoup de monde.

La vision arminienne de l’expiation pourrait être comparée à un pont qui irait d’un côté à l’autre d’un fossé, mais laissant une distance de quelques mètres avec l’autre côté du fossé. Ainsi l’homme est censé faire le dernier pas, Jésus ayant fait le plus grand du chemin. Certains parlent de 99% du travail par Dieu, et 1% qui doit être fait par l’homme.

Pour reprendre la même comparaison, pour les calvinistes le pont traverse tous le fossé, car l’homme ne peut faire même 1%, ni même 0,0000000001% du travail d’expiation. Dieu doit même prendre l’élu qui se trouve d’un côté du pont et l’amener de l’autre côté, sans qu’il ait quoi que ce soit à faire. C’est Jésus et Jésus seul qui travaille, pas l’homme.

Pour les arminiens, l’expiation de Jésus est un cadeau dans une boîte, visible de tous, qui guérira quiconque s’en saisit. Mais le problème c’est que l’homme n’est pas simplement malade, et n’a pas simplement besoin d’être guéri, mais il est mort dans ses péchés et ses offenses, donc il ne peut faire de premier ni de dernier pas vers Jésus.

Les arminiens croient que Jésus offre la même expiation à tous les humains, mais la Bible, comme le langage courant, utilise des termes universels comme « tous » ou « le monde » sans nécessairement vouloir dire « tous » ou « le monde ».

Jésus sauve parfaitement ceux qu’il a choisis de toute éternité, et ne sauve pas les autres. A ceux qui hurleraient à l’injustice, Paul leur répond en Romains 9 :14-16 : « Que dirons-nous donc? Y a-t-il en Dieu de l’injustice? Loin de là! Car il dit à Moïse: Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.… »

Pourquoi Paul anticiperait-il une telle objection si telle n’était pas la bonne lecture des Saintes Ecritures ? C’est une énième preuve de plus qu’il s’agit donc de la bonne lecture de la Bible. Pas une lecture qui laisse le beau rôle à l’homme, qui au final choisit Dieu ou pas, mais à Dieu, qui au final choisit l’homme ou pas.