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Ceci est la traduction en français par nos soins du texte du Dr Robert Morey.

Un des arguments utilisés par les sabbatariens, c’est que Dieu a institué le Sabbat comme une « création par décret ». Qu’est-ce qu’une création par décret, et le fait de suivre le sabbat lui correspond-il ? Dr. Morey nous explique.

Partie II – Un Examen des arguments sabbatariens

L’Argument de la « création par décret »

La position sabbatarienne – Dieu a institué le sabbat comme un décret de la création.

Examen de cet argument:

Qu’est-ce qu’un « décret de la création » ?

Réponse : une activité ou institution que Dieu a établi à la création afin que toute l’humanité l’observe de façon perpétuelle jusqu’à la fin du monde. Certains décrets évidents de la création sont des activités comme le travail (Gen. 1:28; 2:15, 20) et la domination sur la culture, ou des institutions comme le mariage (Gen. 2:8) et la famille (Gen. 2:24).

Qu’est-ce qui est requis d’un point de vue exégétique pour prouver que le sabbat est un « décret de la création » ?

Réponse : Pour prouver que le sabbat est un décret de la création, on doit trouver dans le récit de la création lui-même une ou plusieurs des choses suivantes :

  1. Un commandement donné à l’homme de garder une semaine de 7 jours
  2. Un commandement donné à l’homme de se reposer le 7ème jour.
  3. Un exemple d’un homme se reposant le 7ème jour.
  4. Une explication sur la raison pour laquelle il convient de se reposer le 7ème jour.

Les faits indéniables d’un point de vue exégétique c’est qu’il n’existe pas un seul commandement, exemple ou explication du fait de garder le sabbat dans le récit de la génèse. Il n’y a absolument rien dans Génèse 1 – 3 ou ailleurs pour garantir l’hypothèse selon laquelle le sabbat est un décret de la création. Cet argument sabbatarien n’est pas basé sur la Parole.

“Mais ne trouvons-nous pas ce décret de la création dans Génèse 2:1-3?”

Réponse : Non, le mot “Sabbat” ne figure pas dans le texte. Une approche biblique théologique montrerait que Génèse 2:1-3 est le commentaire de Moïse regardant en arrière à la période de la création dans le contexte de sa propre compréhension des Dix Commandements et non une référence à la compréhension d’Adam au début de l’histoire. La parole ne dit pas que « l’homme » ou « des animaux » ont sanctifié le 7ème jour ou qu’ils se sont reposés. C’est une déclaration simple selon laquelle l’acte créatif immédiat de Dieu était terminé. Que Dieu se soit « reposé » est clairement une qualification anthropomorphique [c’est-à-dire qui attribue à Dieu des caractéristiques humaines] puisque Dieu n’est jamais fatigué et à ce titre ne nécessite pas de repos.

“Mais le septième jour est mentionné. Cela ne prouve-t-il pas que c’est un décret de la création ?”

Réponse : Pas nécessairement. La nudité et le végétarianisme font également partie du récit de la création. Mais qui prétendrait que ces éléments sont des décrets de la création simplement parce qu’ils sont mentionnés ? De plus, le septième jour était béni, pas le premier jour après le sabbat (en grec, mia sabbaton), qui est dimanche.

“Mais Génèse 2:1-3 ne sert-il pas de modèle ou de schéma à suivre ? ”

Réponse : Nous espérons qu’il n’en est rien. Après que Dieu eut travaillé six jours, il se reposa le septième et il s’est « reposé » depuis ce moment (Hébreux 4:10-11). Dieu n’a pas commencé un nouveau cyle de travail de six jours God et un jour de repos. Donc si un homme doit suivre l’exemple de Dieu, il devrait travailler six jours au début de sa « carrière » puis se reposer jusqu’à la fin de sa vie !

Quoi qu’il en soit, pour prouver que le sabbat est un décret de la création, on doit nous montrer un exemple d’un homme respectant le sabbat. Puisque tel est le cas de n’importe quel décret de la création, pourquoi le respect du sabbat devrait-il être exclu de cette loi de foi ?

Par ailleurs, Adam n’aurait jamais pu observer correctement le sabbat puisque le septième jour de Dieu n’était que le deuxième jour d’Adam, alors que le septième jour d’Adam était le cinquième jour de Dieu. Quel septième jour Adam devait-il observer ?

Si Génèse 2:1-3 est un décret de la création, alors le septième jour est un sabbat permanent, car le texte ne dit pas, « Dieu a sanctifié un jour sur sept » mais “Dieu bénit et sanctifie le septième jour.” Les sabbatariens chrétiens mettent toujours ce fait de côté.

Tous les passages bibliques, comme Néhémie 9:5-38 (cf. vs. 13-14), qui donne un résumé de l’histoire de la rédemption, place toujours le début du sabbat avec Moïse et non avec Adam. Si le respect du sabbat commençait à la création, l’Ecriture l’aurait certainement placé ici où il est question dfe d’avoir une vue d’ensemble de l’histoire du monde, mais tel n’est pas le cas.

Il n’existe aucune mention d’une semaine de sept jours comme étant commandée ou observée dans le récit de la création trouvé dans la Génèse. Aucun exemple, commandement ou précepte ne peut être donné dans les trois premiers chapitres de la Génèse. Alors qu’une semaine de sept jours apparaît plus tard dans l’histoire de la rédemption, il n’existe aucune preuve qu’Adam ou Eve aient observé un tel découpage du temps.

“On m’a dit que toutes les anciennes cultures suivaient une semaine de sept jours. Est-ce vrai ?”

Réponse : Non, c’est faux. L’anthropologie et l’archéologie ont prouvé de manière concluante que différentes cultures anciennes ont utilisé des manières différentes de mesurer le temps (semaine de 13 jours, de 9 jours, etc.). Si le Sabbath était un décret de la création, il aurait certainement été observé dans d’anciennes cultures, tout comme elles observaient d’autres décrets de la création. Un véritable décret de la création est universel, mais le fait d’observer le sabbat ne l’est pas.

“Mais les hommes et les animaux n’ont-ils pas un cycle naturel de 7 jours ?”

Réponse : Non, tel n’est pas le cas. Différents tests psychologiques ont démontré qu’il n’existe pas de rythme biologique ou d’horloge biologique pour une semaine de sept jours pour les hommes ou les animaux. Des tests poussés ont été effectués avec des hommes et des animaux isolés pour voir s’ils avaient une horloge interne. Les preuves sont concluantes que ni l’homme ni les animaux ne respectent le sabbat par nature, ni que le fait de respecter le sabbat ait quoi que ce soit à voir avec le bien-être physiologique ou psychologique de l’être humain. Les hommes et les animaux se reposent normalement dans leur travail plutôt que de leur travail. L’argument sabbatarien classique qui prétend que le fait d’observer le sabbat fait partie de la constitution physique de l’homme et des animaux devrait être abandonné pour toujours.